Pour commencer sur de bonnes bases et simplifier sans se trouver dans l’erreur, posons cette base :

En architecture, le gothique est l’ouverture des églises à la lumière.

Le problème principal pour faire des grandes ouvertures dans les murs, c’est les poussées générées par la voûte en pierre (voir la fiche sur l’arc et Gérer la voûte en pierre). Auparavant, les plafonds étaient plutôt en bois mais peu à peu, la voûte en pierre, plus lourde et générant surtout des poussées sur les côtés, s’est imposée.

Problème : ces poussées mettent en danger les murs de l’église et donc toute l’église elle-même…

Comment compenser les poussées de la voûte sur les murs de l’église ?

La réponse romane a été de faire des murs épais et des contreforts, capables de supporter les poussée de la voûte. Les murs étant du coup entièrement porteurs, ils ne peuvent pas être percés de trop de fenêtres ; la lumière est en général plus faible dans les édifices romans.

Il ne faut pas juger pour autant l’architecture romane comme grossière et sans intérêt. Ce serait passer à côté de la beauté de ces édifices. Soyez sensible à la beauté de la pureté des lignes et de la lumière diffuse qui perce l’ombre par les quelques ouvertures. Cette lumière, rare et puissante, devient précieuse.

Les larges espaces de murs étaient peints de grandes fresques colorées, disparues aujourd’hui.

Église abbatiale de Conques

La réponse gothique est un assemblage d’arcs brisés, de piliers et d’arcs-boutants, pensés pour soulager les murs et limiter les poussées. De façon à ce que les murs ne soient plus autant porteurs et puissent être ouverts au maximum. L’église est plus haute, plus illuminée.

D’un point de vue artistique, ces nouveaux espaces offerts aux vitraux donnent la part belle aux artistes du verre. L’outrance des colonnes, souvent démultipliées, permet aux peintres de créer de somptueux décors élancés (même si malheureusement ces décors colorés ont souvent disparu).

Cathédrale de Reims, illustration de l'architecture gothique.
Cathédrale de Reims

Il est souvent difficile de dire si un édifice est roman ou gothique, pourquoi ?

  • Parce qu’ils sont souvent entremêlés dans un même bâtiment. Exemple : lorsque la mode du gothique s’est répandue en France, de nombreuses églises ont été remaniées pour ressembler à du gothique ou leur plan a changé en cours de construction…
  • Parce que quelques idées (trop) simples sont fausses : on pense parfois que la croisée d’ogive ou l’arc brisé suffiraient à reconnaître du gothique. Pourtant non, ils sont aussi utilisés dans le roman. Inversement, le gothique utilise parfois le contrefort, comme dans le gothique méridional. En fait, le roman et le gothique ne sont pas aussi opposés qu’on voudrait bien le penser. Il faut donc bien regarder le bâtiment et son style dans son ensemble.

La façon la plus simple de reconnaitre une église gothique d’une église romane : regarder de quelle façon les poids sont répartis et voir la taille des ouvertures dans les murs. Tout cela, nous allons l’apprendre simplement et j’espère que vous aurez même plaisir désormais à essayer de reconnaître par vous-même ces deux types d’architecture.


Retrouvez toutes les infographies explicatives dans le dossier Architecture, dont :

– Une fiche d’explication simple pour reconnaître le gothique : Le gothique

– Une fiche d’explication simple pour reconnaître le roman : Le roman